C’est la faute à l’iceberg, mais pas seulement – La tragédie du Titanic –

© Delcampe. « Titanic Boarding Pass » – Titanic construction financée par l’IMM, trust du milliardaire J. P. Morgan

 

Fait n°I – Le Titanic possédait 14 canots de 65 places, 2 canots de 40 places et 4 radeaux pliables de 47 places, le tout pouvant embarquer en cas de catastrophe 1 178 personnes. C’était plus que ce qu’exigeait la réglementation, mais moins que le montant total des occupants, 2 223 passagers. En cas d’avarie, 1 045 personnes risquaient de ne pas pouvoir embarquer sur les canots de sauvetage soit 52% des passagers.

Fait n°II – Dans la nuit du 3 au 4 avril 1912, juste après que le paquebot ait obtenu le certificat de navigabilité du « Bord of Trade » et alors en transit vers Southampton, une ville portuaire de la côte Sud du Royaume-Uni un feu s’est déclaré spontanément dans la soute à charbon.

Fait n°III – Le chef mécanicien Joseph Bell a prévenu le commandant Smith de l’incident. A savoir, pour éteindre le feu, il faut vider la soute jusqu’à atteindre le charbon en combustion. En attendant, il faut envoyer des jets de vapeur à l’intérieur et des jets d’eau froide sur les parois extérieures. Malgré les précautions prises par le chef mécanicien, lorsque le paquebot est arrivé à Southampton, le feu lui n’était toujours pas éteint.

A Southampton et durant l’escale, la soute ne sera pas vidée pour atteindre le charbon en combustion. Le commandant Smith prévenu, décide de garder le silence sur l’incident pour ne pas retarder le voyage inaugural.

Fait n°IV – Le chef mécanicien lui a un autre problème, le Royaume-Uni sortait d’une grève très dure durant laquelle le charbon n’a pas été livré aux compagnies maritimes. On ne trouvera que 4 427 tonnes de charbon. Le paquebot ne pourra naviguer que sept jours et demi à 22 nœuds. Assez pour atteindre New York, mais avec une marge de manoeuvre réduite au minimum.

Fait n° V – Le 9 avril des changements en cascade ont lieu dans l’état-major du bateau pour des raisons internes et un des cadres quitte le bateau en oubliant de prévenir son remplaçant qu’il avait caché les jumelles des vigies dans sa cabine pour ne pas qu’on ne les lui vole. Une première paire avait été perdue et personne ne voulait se risquer à perdre les secondes.

Fait n°VI – Le 11 avril à 13 h 30 le Titanic quitte Queenstown en direction de New York et pour satisfaire les exigences des services américains de l’immigration, chaque classe est séparée des autres par des portes et grilles cadenassées.

Fait n°VII – Le 11 avril à 23 heures, l’émetteur du Titanic tombe en panne. On passe une bonne partie de la nuit à le réparer et il fonctionne de nouveau un peu avant 5 heures du matin le 13 avril. Entre-temps plusieurs avis de glaces envoyés à d’autres navires ont été captés. Le Titanic s’apprête alors à traverser une zone dangereuse.

Fait n°VIII – En fin d’après-midi, le 13 avril le feu dans la soute à charbon est enfin éteint, mais la cloison étanche a été portée au rouge, imposant de changer les cloisons à l’arrivée à New York. Mais le chef mécanicien avec le commandant décident de tromper l’inspection en passant une couche d’huile sur la cloison pour lui donner l’aspect du neuf et éviter de devoir rester à New York.

Fait n°IX – Le 14 avril à 9 heures, le Caronia, paquebot de la Cunard adresse un avis de glaces au Titanic, mais le commandant décide de maintenir la vitesse de 22.5 nœuds et de ne pas doubler la veille.

Fait n°X – D’autres messages d’alerte sont reçus, notamment à 21 h 30 du paquebot Mesaba. Il a aperçu des icebergs et en signale les coordonnées. Mais le chef opérateur radio du Titanic croule sous les messages commerciaux qu’il doit transmettre aux différents voyageurs et oublie de remettre le message du Mesaba à la passerelle.

Fait n°XI – Vers 22 heures 30, le Titanic croise le cargo Rappahannock qui par signaux lumineux l’averti d’un épais champ de glace et plusieurs icebergs. Il lui indique qu’il a été endommagé. Le Titanic accuse réception du message, mais continue sa route en maintenant sa vitesse.

Fait n°XII – A 23 heures, le Californian appelle le Titanic pour signaler qu’il a été pris dans les glaces. L’assistant du chef opérateur déjà en communication « rabroue vertement l’importun ».

Fait n°XIII – A 23 h 39, le matelot-vigie aperçoit une masse sombre que sans jumelles il n’arrive pas à identifier. En plissant les paupières il reconnaît un iceberg qui grossit de seconde en seconde. A 0 h 05 on fait préparer les canots de sauvetage, mais personne ne s’y bouscule car le Titanic leur paraît plus solide que jamais. Les premiers canots partent avec très peu d’occupants. Ils ne seront remplis qu’à 1 h 30 lorsque chacun réalisera la gravité de la situation.

A 2 h 20 du matin du 15 avril, 1 500 personnes se débattent dans l’eau glacée.

 

Rédigé sur la base exclusive des éléments du livre de Gérard Piouffre, « Les femmes et les enfants d’abord ! Les grands naufrages de l’histoire », Editions First, 2016, 311 pages.

 

Elie Khoury, La Gerap+

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