L’Iran avec Sina Nassiry

© Sina Nassiry
© Sina Nassiry

Sina, merci de nous faire l’honneur de ta présence. Nous avons toujours pris plaisir à t’écouter parler de l’Iran et tu l’as inlassablement fait d’une manière juste, équilibrée et généreuse. En t’invitant à cet échange, nous souhaitons partager avec le plus grand nombre, les fruits des discussions qui nous animent. Pourrais-tu néanmoins commencer par te présenter, à ta manière, avec tes propres mots et mettre l’accent sur ce qui a forgé ton identité et les responsabilités qui sont les tiennes aujourd’hui ?

Tout d’abord, je te remercie toi, Elie Khoury, ainsi que les autres membres de la Gerap+ de me donner l’occasion de m’exprimer sur l’Iran, qui est le pays d’origine de mes parents et donc, la moitié de mon identité. J’ai été naturalisé français au début des années 2000 dans le cadre du regroupement familial et j’ai commencé par parler le persan durant mon enfance, avant même le français. Je suis donc binational et pleinement imprégné d’une double culture qui m’a été transmise par ma famille et par l’école républicaine. La richesse de cette alchimie culturelle m’a mené à occuper divers postes dans le conseil, l’industrie et maintenant la finance. J’occupe un poste d’analyse de marché pour un grand groupe français, en rapport avec l’Iran.

Cher Sina, est-ce si naturel que cela, pour un Français d’origine iranienne de s’intéresser à l’Iran ? As-tu déjà eu du mal avec tes racines, pris tes distances avec ce pays, est-ce qu’il y a déjà eu des discontinuités dans ton regard sur Téhéran ?

Plus jeune, j’avais rêvé d’être designer automobile, car passionné par les voitures et le dessin. J’ai toujours eu cette ambition jusqu’à ma terminale, année cruciale pour tout lycéen qui cherche la bonne orientation pour son avenir. Et puis, j’ai rétropédalé brusquement pour plusieurs raisons : les débouchés limités que ce choix m’offrait mais surtout, mon identité iranienne m’interrogeait : pourquoi était-ce toujours problématique de voyager aux USA même avec un passeport français ? Pourquoi l’Iran était perçu comme un pays peu accueillant ? Il faut rajouter à cela les accusations faites à l’Iran sur son soutien au terrorisme international, son programme nucléaire controversé, la réélection en 2009 de Mahmoud Ahmadinejad qui n’a pas été reconnue par la communauté internationale et les 40 dernières années d’histoire commune à la France et à l’Iran (présence de l’Imam Khomeini, exil de Farah Diba, Wahid Gordji etc.) Ce cocktail explosif a très largement contribué à mon changement de cap pour étudier les relations internationales afin de mieux comprendre le passé mais surtout, les enjeux à venir. Cependant, mon intérêt était aussi alimenté par une soif de voyages et d’une très large appétence pour la région moyen-orientale (sa musique, son folklore, ses langues etc.), assez naturel lorsque l’on a soi-même des racines orientales.

Comme je l’ai souligné, les relations bilatérales étant très politisées, mes parents se sont refusés à se mélanger à la diaspora iranienne malgré quelques amis iraniens. J’ai donc eu à faire face à une situation où à la fois je cherchais à comprendre mes racines mais dans une certaine limite. Cela ne les as pas empêchés de m’inscrire à l’école iranienne pour apprendre à lire et écrire mais également de m’emmener annuellement en Iran.

Enfin, l’ignorance des autres m’a paradoxalement poussé à me construire une base de connaissance solide pour corriger certains propos. En réalité, j’ai constaté que, singulièrement, chaque Iranien a pour ambition de promouvoir son pays, mais en distinguant bien la culture de l’Iran, de la politique et de la religion. C’est également dans cette optique je m’inscris en tant que « mini-ambassadeur » de l’Iran à Paris. L’Iran a malheureusement peu bénéficié d’une publicité favorable à son égard durant les dernières décennies et l’image qui en est souvent faite est celle d’un pays fermé, archaïque, misogyne et dangereux. J’essaie aussi de faire tomber les stéréotypes de ce genre même si par soucis d’honnêteté intellectuelle, je reconnais que l’Iran a besoin d’évoluer sur de nombreux points.

Je voudrais, toutefois, préciser que si cette interview était effectuée par une association iranienne en Iran, j’aurais eu la même fierté à parler de la France et de mon identité française. Ce qui vaut pour l’un vaut pour l’autre.

Selon toi, existe-t-il une diaspora iranienne influente en Europe, si oui, quelles en sont les places fortes ?

Les principales diasporas iraniennes en Europe sont celles de Londres, de l’Allemagne, notamment à Frankfort, Hanovre, Düsseldorf mais également en Suède et aux Pays-Bas. Parmi les personnalités connues de cette diaspora, il existe le chanteur Arash d’origine irano-suédoise qui est assez connu dans le milieu de la pop iranienne mais aussi Fahrad Moshiri (irano-britannique) qui s’est fait connaître pour avoir acheté le club d’Everton FC. Aujourd’hui, le ministère suédois de l’Administration publique est dirigé par Ardalan Shekarabi, d’origine iranienne. Golshifteh Farahani, la célèbre actrice ayant joué aux côtés de Leonardo Di Caprio, réside elle à Paris.

Cher Sina, quel avenir en Iran pour les supporters du Shah Reza Pahlavi ?

Il est inexistant. Premièrement, parce que la République Islamique est un régime très stable, bien enraciné et autosuffisant. Il ne peut y avoir de renversement comme on pourrait l’entendre. Deuxièmement, parce que 60% de la population iranienne à moins de 30 ans et qu’elle n’a aucune idée de ce que pouvait être la monarchie pour la réclamer. Par conséquent, j’ai pour profonde conviction que les réseaux monarchistes exilés aux Etats-Unis en soutien à Reza Pahlavi n’ont aucune chance d’aboutir. Nombreuses sont les chaînes de télévision pro-Shah diffusées aux Etats-Unis et qui peuvent être accessibles par satellite en Iran : et pourtant rien ne se passe.

Sina d’après toi, les Iraniens qui ont fui l’Iran vers les Etats-Unis sont-ils perçus par les autorités comme des personnes à surveiller ? Ou au contraire, les perçoit-on comme des facilitateurs avec l’extérieur ?

Non pas particulièrement. Au contraire, la police aux frontières accueille chaleureusement les Américains, d’origine iranienne ou non. Tout dépend de leurs activités politiques et des convictions politiques affichées. En plus des activités politiques, il existe une ligne rouge pour les autorités iraniennes, mais cela concerne tous les Iraniens résidant à l’étranger ; ceux de confession Bahaï ne peuvent se rendre en Iran car il y est interdit de pratiquer cette religion.

En tant qu’étranger à l’Iran, j’ai été frappé par la radicalité de plusieurs intervenants sur le pays. Je parle d’experts, hommes d’affaires, membres de la société civile qui hier diabolisaient le pays et aujourd’hui l’adoubent sans distance aucune. Comme s’il y avait une forme de schizophrénie ; détester / aimer, une forme de frugalité brutale dans l’approche de ce pays. As-tu déjà ressenti cela dans les débats en France lorsqu’il était question de l’Iran ?

Il y a une méconnaissance assez frappante de l’Iran en France de façon générale. J’ignore à quoi cela est dû, peut-être à l’entreprise de diabolisation médiatique qui en a été faite à partir de 1979. Les relations franco-iraniennes sont dans une certaine mesure, passionnelle.

La France est le pays qui a permis dès le début des années 60 à l’Iran d’acquérir un programme nucléaire civil sous le régime du Shah (Eurodif / Sofidif). La France a également été la terre d’accueil de l’Imam Khomeini lorsqu’il a été expulsé de l’Irak. C’est à partir des années 1980 que les relations se sont complexifiées. L’implication de la France dans la guerre civile du Liban a servi de levier à l’Iran, également impliqué au Liban, pour faire pression sur la poursuite des accords bilatéraux en matière nucléaire. La France avait arrêté sa collaboration avec l’Iran car elle considérait qu’elle ne négociait plus avec le même régime. Ainsi, la fin des années 1980 a été marquée par des attentats à Paris qui ont été attribués de près ou de loin à l’Iran en plus des otages français au Liban et l’attentat du Drakkar à Beyrouth. Rappelons qu’une des fameuses séquences du débat de l’entre deux tours des élections présidentielles de 1988 entre François Mitterrand et Jacques Chirac a porté sur Wahid Gordji, diplomate iranien accusé de complicité dans ces actions[1]. L’exil de Abdolhassan Bani Sadr (premier Président de la République islamique d’Iran), celui de Farah Diba, ancienne impératrice d’Iran, de Maryam Radjavi, Présidente des Moudjahidin du Peuple à Paris, fait de notre pays une place hautement stratégique pour l’Iran, et donc dans les relations bilatérales.

Il faut donc avoir l’ensemble de ces éléments en tête pour comprendre pourquoi les politiques ont tenu un discours vitriolant à l’égard de l’Iran pendant un nombre d’années. Personnellement, je comprends également la posture française pendant ces nombreuses années. Toutefois, il existe effectivement une « Iranomania » depuis peu, notamment après la signature du JCPOA. Ce retournement de veste s’explique par plusieurs raisons :

  • La stabilité qu’offre l’Iran et son potentiel économique.
  • L’exaspération d’une certaine élite de constater une alliance sans fondement avec les pétromonarchies sunnites du Golfe qui auraient une potentielle responsabilité dans le soutien au terrorisme islamiste que la France combat.
  • La machine médiatique a permis de redécouvrir un pays en matière culturelle et touristique en plus d’une culture qui s’exporte : le réalisateur Asghar Farhadi aura été un des pionniers de cette promotion culturelle depuis ces cinq dernières années.
  • Enfin, sans mauvaise foi, l’Iran est devenu « bankable « en raison de son caractère original qui plaît aux « bobos ». Si Jean-Paul Sartre et Michel Foucault ont été des partisans de la Révolution islamique à ses débuts, cette même classe sociale a fait de l’Iran sa nouvelle destination de villégiature. En effet, l’Iran, bien qu’au fait des dernières tendances stylistiques et technologiques, reste un pays authentique avec un patrimoine millénaire. L’Iran fait vendre et fait « chic » dans les mondanités car il reste un pays encore mystérieux par rapport au Maroc ou même au Liban pour le visiteur qui cherche à découvrir l’Orient. Son exotisme est donc bien apprécié dans une société qui est la nôtre aujourd’hui.

[1] http://www.ina.fr/video/I04261072

Y a-t-il des personnes que tu considères incontournables lorsque l’on en vient à parler de l’Iran ? Je parle d’hommes et de femmes que tu trouves pertinents ; des personnes que tu admires et pourquoi.

Il n’y a pas d’ « Hélène Carrère d’Encausse » de l’Iran à proprement parler mais certaines personnalités ont très clairement fait de l’Iran leur spécialité. Cependant, ce n’est pas à moi de juger la qualité de leur travail ni de leur pertinence. Tout d’abord parce que je n’ai jamais accompli à ce jour autant qu’ils ont accompli pendant leur carrière, mais aussi parce qu’en tant qu’Iranien, j’ai une idée assez générale des thèmes étudiés : en conséquence, j’ai une certaine idée de leurs travaux qui ne fait que confirmer mes opinions.

Cependant, j’ai un réel respect pour un certain nombre de personnes qui s’intéressent à l’Iran. D’un point de vue universitaire, Jean Kellens a dirigé la chaire de langues indo-iraniennes au Collège de France pendant une vingtaine d’années et a mené des travaux sur le zoroastrisme, première religion d’Iran datant du pré-judaïsme (2500 ans avant J-C). Bernard Hourcade, lui est un géographe qui est aujourd’hui Directeur de Recherches au CNRS et qui a toujours eu, à mon sens, une analyse fine sur les problématiques iraniennes. Sur les questions économiques, Thierry Coville, professeur à Novancia, a mené d’importants travaux de l’Iran sous sanctions. Je finirai par trois, sociologues, Constance Arminjon, Farhad Khosrokhavar, et Yann Richard, qui s’intéressent davantage aux problématiques de l’islamisme, mais également des relations entre le chiisme et l’Etat iranien.

Les blogs de deux journalistes, Armin Arefi et Georges Malbrunot, respectivement sur Le Monde et le Figaro sont de bonnes sources d’informations. Récemment, la journaliste Mariam Pirzadeh, envoyée spéciale de la chaîne d’information France 24, a tourné d’intéressants sujets sur des facettes cachées de l’Iran.

Enfin, Me Ardavan Amir-Aslani, avocat franco-iranien, a, en plus d’avoir brillamment réussi dans les affaires entre la France et l’Iran, écrit de nombreux ouvrages sur la géopolitique du Moyen-Orient et de l’Iran. Son aura fait du bien à notre diaspora car comme je l’ai dit précédemment, l’Iran n’a pas bénéficié d’une bonne image pendant de nombreuses années. Ses interventions à la télévision contribuent à une bonne vulgarisation de ce qu’est l’Iran au XXIème siècle.

Des acteurs de la société civile se sont également penchés sur l’Iran, notamment le Cercle Iran Economie qui a organisé plusieurs débats au Sénat sur les enjeux de l’ouverture économique. Il y a également un nouveau site d’information sur la presse iranienne qui a éclos ces derniers mois, connu comme « Les Lettres Persanes ». Il propose des brèves analyses et riches revues de presse hebdomadaires de l’actualité iranienne.

Si l’on comparait la relation entre la France et l’Iran à un corps malade, dans quel état dirais-tu qu’il est aujourd’hui ?

Je dirais que les deux pays ont eu la chance d’être supervisés par de très bons cancérologues et que la chimiothérapie a bien fonctionné. Une rechute est, bien évidemment, toujours à prévoir.

L’on joue beaucoup de l’argument : « Les Allemands et les Italiens sont loin devant vous les Français pour conclure des affaires à Téhéran, bougez-vous pour y aller, sinon vous passerez à côté de nombreuses opportunités. » Est-ce si mauvais d’être troisième ?

Tout dépend de l’objectif fixé ! Il faut se dire aussi que ces deux pays n’ont pas participé aux négociations sur le nucléaire et que, de ce fait, ils ne sont pas politiquement « connotés » dans leur diplomatie économique. Cet élément est à prendre compte car très souvent, la presse iranienne a décrié la position de Laurent Fabius pendant le cycle de négociations du JCPOA. Pour le moment, les deux seuls constructeurs européens qui sont établis en Iran sont français : le Groupe PSA et Renault. Cela place la France au premier rang ! Cela concerne également l’hôtellerie puisque le Groupe Accor gère deux hôtels à Téhéran. Je n’ai pas, à ma connaissance, d’informations selon laquelle des mastodontes industriels allemands ou italiens aient établi de réelles affaires à ce tel niveau d’avancement.

Nous avons déjà entendu, notamment d’officiels iraniens, que le président Donald Trump sera meilleur avec l’Iran que n’aurait jamais pu l’être Madame la secrétaire d’État Clinton si elle avait été installée à cette fonction. Partages-tu ce sentiment ?

Effectivement, bien que cela puisse paraître contradictoire avec les nombreuses déclarations du nouveau Président des Etats-Unis. Personnellement, je vois Trump comme le moins pire des candidats pour l’Iran.

Je perçois Trump comme un homme d’affaires qui a géré des activités commerciales et sa fortune pendant de nombreuses années sans véritable colonne vertébrale idéologique. Bien que les dernières nominations pour son cabinet ainsi que le vote du Congrès[1] aillent dans le sens contraire des intérêts de l’Iran, je crois en un calcul rationnel de sa part. Si Boeing et General Electric Oil ont pu obtenir des autorisations exclusives de la part du Trésor pour négocier avec l’Iran sous l’administration Obama, et si cela aboutit concrètement à des relations commerciales entre les deux pays, alors il n’y a aucune raisons que Trump coupe l’herbe sous le pied d’ouvriers dans le domaine de l’aéronautique ou de l’énergie. Je ne vois pas comment il justifierait d’empêcher de la création d’emploi et de richesse.

Hillary Clinton a, quant à elle, une posture idéologique bien plus prononcée que Trump. Son tempérament me paraît plus belliqueux, moins diplomate que John Kerry a pu être, mais surtout, sa proximité avec Israël mais également les pays arabes du Moyen-Orient auraient très largement été en défaveur à l’Iran.

Dans les deux cas, je pense qu’aucun des deux n’auraient cherché à toucher au JCPOA. Mais je pense que l’esprit pragmatique de Trump dans les affaires pourrait être favorable aux intérêts iraniens tandis que Clinton s’y serait opposé.

[1] http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2016/12/03/l-iran-s-offusque-du-maintien-des-sanctions-americaines_5042787_3218.html

Parmi les quelques candidats connus à la présidence en France, quel serait d’après toi le candidat le plus amical envers l’Iran ?

Lors des primaires de la Droite du Centre, le candidat gagnant, François Fillon a souligné à plusieurs reprises l’importance de discuter plus amplement avec l’Iran dans la lutte contre le terrorisme. La gauche française a traditionnellement pris parti en faveur des Moudjahidin du Peuple, hostile à la République islamique mais il est primordial de saluer le pragmatisme du Président François Hollande lors de son mandat pour avoir accepté les négociations sur le programme nucléaire iranien en juillet 2015. Quant à l’extrême droite, Jean-Marie Le Pen a toujours affirmé soutenir l’Iran mais Marine Le Pen est encore trop timide sur ce point là ; si elle n’a pas encore demandé le départ de Bachar Al Assad en Syrie, elle critique pourtant les alliances de la France avec les pays du Golfe. Ce n’est pas pour autant qu’elle souhaite un rééquilibre de la diplomatie française au Moyen-Orient au profit de l’Iran.

Le président Rohani est-il d’après toi sur la sellette pour les prochaines élections et pourquoi ?

Oui il peut l’être. On observe un retour très marqué des conservateurs et des cléricaux qui barrent la route au gouvernement iranien : programmation de concerts annulés au nom de la proéminence du religieux sur le culturel, libération de Moussavi et Karoubi toujours bloquée (les deux candidats réformateurs des élections présidentielles de 2009) mais surtout les conséquences du JCPOA qui se font encore attendre.

Rohani risque de perdre la Présidence car les promesses d’une bouffée d’oxygène se font attendre. Si les prix sont plus ou moins stables, le pouvoir d’achat des Iraniens sur tout le territoire reste inférieur à ceux espérés avec les promesses d’une ouverture sur le monde. Les investissements étrangers tardent car les circuits bancaires avec l’Iran ne sont pas automatisés ni rétablis comme ils auraient dû l’être. En bref, il y a un ce sentiment général qui est de penser que l’Iran s’est fait avoir en ayant renoncé à sa souveraineté, son programme nucléaire sans avoir récolté quelque chose de concret en retour. Pourtant, Rohani peut également gagner à nouveau la Présidence car les gens se sentent plus libres, moins sous pression et qu’une véritable classe moyenne s’est développée depuis ces cinq dernières années.

Cher Sina, on prête aux jeunes Iraniens un côté ouvert, n’hésitant pas à dire de cette population qu’elle aime boire, consommer et sortir. On résume l’occident à ça et les interlocuteurs iraniens, les plus à mêmes d’échanger avec les Occidentaux à ce côté. En d’autres termes, faut-il être plus occidentalisé que les Occidentaux pour traiter avec eux ?

Il y a une dichotomie entre la population civile iranienne et ses cadres dirigeants. S’il y a une frange de la jeunesse iranienne qui s’indexe sur un mode de vie occidental, elle ne reste toutefois pas majoritaire en Iran. Comme je l’ai dit plus haut, l’émergence d’une classe moyenne avec un mode de consommation proche de nos standards ne signifie pas cependant une rupture totale avec les valeurs qui sont propres aux Iraniens. Par conséquent, je pense au contraire qu’il est primordial d’être au fait des us et coutumes locales pour être respecté et apprécié par son interlocuteur iranien, surtout dans le monde des affaires et de la politique.

Pour terminer, pourrais-tu nous faire part d’un point que tu aurais aimé aborder dans cet échange et que nous n’avons pas eu l’occasion de discuter. Quelque chose qui retient ton attention ?

Mon opinion la plus personnelle à propos de l’Iran serait celle-ci : avant même de comprendre l’Iran par les livres, sa langue, sa politique ou son histoire, commencez par goûter à sa cuisine. Ses saveurs et son raffinement sont de très bons indices pour comprendre l’étendu des subtilités que regorge ce pays !

Cher Sina, si nos lecteurs souhaitaient entrer en relation avec toi, quel moyen le plus simple pour te contacter ?

Mon adresse mail : nassiry.sn@gmail.com

Sina je te remercie de nouveau de nous avoir fait l’honneur de ta présence et d’avoir pris la peine de répondre à nos questions.

Tout le plaisir est pour moi.

Elie Khoury, La Gerap+

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