Arthur Wellington, lettre adressée de France

©Arthur Wellington (Arthur Wellesley, duc de Wellington), par Francisco de Goya, 1812.
©Arthur Wellington (Arthur Wellesley, duc de Wellington), par Francisco de Goya, 1812.

« Arthur Wellesley, duc de Wellington, servit aux Indes où son frère aîné était vice-roi, de 1792 à 1805. Il joua un rôle éminent dans la péninsule Ibérique à la tête du corps expéditionnaire britannique contre les troupes napoléoniennes. Il défendit Lisbonne contre Massena, tint Soult en échec en Espagne et remporta une victoire sur Jourdan à Vitoria. À la fin de 1813, il pénétra en France et y resta jusqu’à la restauration des Bourbons. Il aide à mettre en place la seconde restauration de Louis XVIII et négocia avec le gouvernement provisoire de Fouché. Il fut chef de l’armée d’occupation de 1815 à 1818. Ce conservateur, tant du point de vue politique que militaire, joua un rôle de tout premier plan à Waterloo. »

« Je dois cependant faire savoir à Votre Seigneurie que notre succès dépend comme tout de notre modération et de notre justice ainsi que de la bonne conduite et de la discipline de nos troupes. Jusqu’à ce jour, elles se sont bien conduites, et chez les officiers apparaît un nouvel état d’esprit, qui, je l’espère, va se maintenir, en vue de tenir les troupes en bon ordre. Mais je désespère des Espagnols. Ils sont dans un état si misérable qu’il n’est guère équitable d’espérer qu’ils se garderont de piller un beau pays dans lequel ils entreront en conquérants, surtout si l’on songe aux misères que les envahisseurs ont infligées à leur propre pays. Je ne peux donc me hasarder à les ramener en France, à moins de pouvoir les nourrir et les solder ; et la lettre officielle que cette poste portera à Votre Seigneurie nous montrera l’état de nos finances et de nos perspectives. Si je pouvais maintenant faire avancer 20 000 bons Espagnols nourris et soldés, Bayonne serait à moi. Si je pouvais disposer de 40 000, je ne sais où je m’arrêterais. J’ai aujourd’hui à mes ordres, sur cette frontière, et les 20 000 et les 40 000, mais je ne puis me hasarder à n’en porter aucun en avant par manque de moyens pour les solder et assurer leur subsistance. Sans argent et sans vivres, ils pilleront, et s’ils pillent, ils nous ruineront tous. »

Lettre adressée de France en 1813 au comte Bathurst

Saint-Jean-de-Luz, le 21 novembre 1813

Dans

Challiand, Gérard, Anthologie mondiale de la stratégie, Paris, Éditions Robert Laffont, 1990, 1498 p., page 784.

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