La quête de légitimité sur le marché du « halal » en France

KFC

Il a été observé en France et plus largement en Europe un commerce aussi complexe qu’appellatif, traduisant à la fois retombées/perspectives financières extraordinaires et respectabilité. Le « halal » étant ce qui est permis, autorisé et plus largement « propre » dans l’Islam ; il conditionne d’entrée les prenants part à une posture de respect des valeurs et des symboles partagés par la communauté musulmane.

Dès lors, tous les entrepreneurs ne peuvent prétendre à devenir des acteurs reconnus sur ce marché sans en respecter les conditions auxquelles les consommateurs musulmans sont sensibles. Il apparaît ainsi difficile de prétendre vendre des produits « halal » tout en exerçant des activités interdites. Dans ce qui est considéré comme interdit pour les sociétés et hommes d’affaires qui se veulent « sharia compliant », c’est notamment une présence sur les « business » du sexe, de l’alcool et par truchement de la cigarette. Toutes les règles ayant leurs exceptions il est vrai, elles restent néanmoins de prime abord incontournables. Ainsi, est-il autorisé de vendre ou consommer des médicaments contenant de l’alcool ? Et bien voyez-vous, que sous certaines conditions.

Mais revenons aux professionnels de la distribution alimentaire en France, pour eux apparaît donc un marché fabuleux, à condition nous le disions, de pouvoir gagner cette quête de légitimité, ou du moins une partie suffisamment grande pour se prévaloir d’une assise.

La quête d’une légitimité commence par pouvoir garantir aux consommateurs vendre un produit certifié. Lorsque les sociétés agissent à un niveau local, elles peuvent rassurer leurs clients oralement et par le bouche à oreille d’un respect des règles et des traditions. Sur un périmètre limité, cela reste donc à la portée des boucheries et des supérettes de quartier.

Dans une perspective de développement régional maintenant, voire national, la difficulté est infranchissable, puisque les mastodontes français et européens de la certification agissent, bataillant à celui qui sera le plus légitime et ce, à renfort de journaux en ligne véhiculant « la bonne posture et la bonne parole ». Impossible de gagner en crédibilité sans avoir choisi son camp.

A ce stade pour résumer, nous pouvons observer deux écoles, celle portée par la Mosquée de Paris, que nous pouvons décrire plus largement comme celle de l’Islam de France. Posture dirons-nous adaptée à un environnement extérieur et une autre, largement déployée depuis la Belgique ou le Royaume-Uni qui se veut plus dure, dénigrant systématiquement « l’Islam de France ».

A l’intérieur de ce marché se confrontent premièrement les commerçants musulmans, auxquels se superpose la bataille entre commerçants musulmans et commerçants non-musulmans voulant vendre du « halal ».

Ces commerçants non-musulmans voulant vendre du « halal » utilisent principalement deux voies :

La première est indirecte, ils commercialisent et nouent des partenariats avec des acteurs musulmans pour écouler leurs marchandises. Les gains sont moindres au regard du nombre d’intermédiaires, mais la légitimité bien que cachée, reste préservée.

La deuxième est directe, ils commercialisant sous leurs noms de marque des produits « halal » avec pour principale faiblesse de nouveau cette légitimité pouvant facilement être remise en cause. Ce sont des enseignes qui sont souvent les victimes d’attaques informationnelles les suspectant de vendre des produits contenant des traces de porc ou une affiliation à Israël.

 Elie Khoury

La Gerap+

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