L’insidieuse réforme civilisationnelle : une société décadente ; Par Elie Awad

Thomas Dufourneau PhotographiesEvangile selon Saint Marc - Chapitre 10
Thomas Dufourneau Photographies
Evangile selon Saint Marc – Chapitre 10 +Mais, au commencement de la création, il les fit homme et femme. À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais ils ne font qu’un. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas !+

« Pendant longtemps, sans doute depuis toujours, en tout cas depuis Adam et Eve, la différence de sexe dans le couple paraissait toute « naturelle »». Fulchiron Hugues met en exergue l’impératif cardinal qu’est l’hétérosexualité dans le mariage. Toutefois dans cet univers en transformation furieuse, ce modèle dogmatique du mariage fondé sur l’hétérosexualité s’effrite au point où il ne constitue désormais qu’un modèle parmi d’autres.

L’ambition législative actuelle est bouillonnante d’interrogations, de passions, de revendications et parfois même de fanatisme. Mais quels sont les véritables rouages qui cimentent ces positions diverses ? Tout d’abord il ne faut pas se méprendre sur la question de l’homophobie, défendre une position, être contre ou pour ne relève pas de l’homophobie, en outre  ce n’est pas parce qu’il est d’une certaine tendance actuelle qu’on doit se résoudre au panurgisme, malgré ce que les lobbys homosexuels tendent à nous faire croire.

Au contraire il convient de scruter les enjeux sous-jacents à cette ouverture au mariage et envisager sur un plan prospectif, technique, les éventuelles plus-values, si elles existent, ou au contraire les effets pervers qui pourraient en découler.

En effet  à la vieille idée selon laquelle le mariage ne s’entend que par l’union de deux personnes de sexes différents et bien ce principe dogmatique s’est effrité au point où il ne constitue désormais qu’un modèle parmi d’autres. De facto, à un ordre conjugual monopolistique fondé sur le mariage s’est substitué un ordre conjugual plural où le mariage est concurrencé par d’autres modèles conjugaux à l’instar du concubinage, du PACS, et pourquoi pas très bientôt d’un « mariage hybride », le mariage homosexuel permettant dès lors une prise en compte de  plus en plus significative de la condition homosexuelle.

Mais quel est le fondement qui a permis de mettre en œuvre une transformation aussi furieuse au sein de notre ordre social ?

Et bien les diverses guerres mondiales agitant l’espace européen ont eu pour effet d’enfanter une nouvelle idéologie se voulant universelle, prônant un certain paradigme de ce que doit être la place de l’individu au sein de nos sociétés comtemporaines. Conséquemment le prosélystisme européen des droits de l’Homme constitue désormais l’expression éloquente de la civilisation européenne qui se caractérise plus que toutes les autres par la prééminence des valeurs individuelles. Dès lors les deux notions cardinales sur lesquelles le legislateur français s’est basé afin de dilligenter une société, et plus restrictivement un ordre social, sont l’égalité et la liberté. En d’autres termes d’un droit de la famille fondé sur l’ordre public, on est passés à un droit de la famille fondé sur les volontés individuelles, chacun se prévalant de construire son modèle famillial à sa guise, faisant émerger la notion de « famille à la carte ». Finalement le législateur n’a eu cesse de promouvoir la possibilité d’offrir la liberté d’effectuer des choix personnels, curieuse manière de légiférer dans un domaine aussi structurant qu’est la cellule de base de notre société, la famille, qui constitue une véritable institution.

Après ce premier postulat il convient de s’intérroger sur les incidences d’une telle  lecture, d’une telle exaltation de l’individu en tant qu’entité autonome au sein de notre civilisation.

Mis à part la question du mariage homosexuel, une digression doit être faite. Par le truchement de l’égalité pour tous, une refonte des rapports conjugaux a bien vu le jour. En effet, d’un mariage fondé sur l’autorité maritale, nous sommes passés à une stricte égalité entre les époux. Primitivement dans notre ordonnancement juridique on retrouvait les termes de « mari » et « femme » désormais en vertu du principe d’égalité et pour gommer cette pseudo « autorité maritale » on parle tout simplement « d’époux ».

On doit s’interroger sur les incidences d’une telle interprétation aussi innofensive puisse-t-elle parraître au première abord. Désormais en vertu de ce principe d’égalité le legislateur n’a eu cesse de promouvoir l’égalité des armes entre les époux notamment s’agissant du divorce. Désormais tout est fait pour mettre en œuvre une protection dans la rupture, or le propre d’une famille n’est-il pas la cohésion, la permanence, la vertu ? Conséquemment les procédures de divorce n’ont eu cesse d’être accelerées, facilitées, la volonté dés epoux n’a eu cesse d’être de plus en plus prise en compte ; on retrouve alors l’impératif de liberté et c’est précisémment en vertu de cette égalité qu’il n’y a plus d’unité au sein du couple. Le législateur n’a eu cesse de faciliter le divorce, ce qui par la même contribue à reduire considérablement la notion de « temps conjugual ». Voyons maintenant les conséquences d’une éxaltation exacerbée du principe d’égalité.

Comme nous l’avons discuté ce principe d’égalité a eu pour écho ne plus parler de mari et de femme mais tout simplement d’époux, le couple est devenu asexué – porte d’entrée terminologique seulement au mariage homosexuel.

En effet le législateur en vertu d’une pseudo discrimination a pour ambition de la gommer en consacrant un droit au mariage aux homosexuels. Or, la discrimination ne s’entend que par la différrence de traitement entre deux personnes qui sont dans la même situation ; Mais, depuis l’origine du Monde, on ne peut renier que c’est de la relation naturelle entre l’homme et la  femme que procède la vie, qui fonde la société et la fait vivre. Dès lors les couples homosexuels et hétérosexuels ne sont pas dans la même situation, eu égard à une différence inhérente à leur condition biologique, la procréation. La différence de traitement est légitime et justifiée ; mais au regard de l’évolution des mœurs, des mentalités et d’une certaine réalité, le mariage n’a visiblement plus pour essence la procréation, c’est ce que le legislateur par cette ouverture au mariage tend à affirmer.

Cette ouverture au mariage des couples homosexuels consisterait en la technique du « jardin d’acclimation » qui consiste à faire rentrer dans les mœurs cette nouvelle entité de l’ordre conjugual et admettre que l’essence du mariage n’est plus la procréation. Ainsi, sous le couvert du vocable du mariage pour tous et du principe d’égalité, le législateur entend promouvoir l’égalité pour tous. Mais, dès lors que le mariage n’a plus pour essence la procréation, mais l’amour, alors les empêchements au mariage n’ont plus vocation à jouer, c’est une porte ouverte au mariage pour tous dans son acception première ; Pas seulement, c’est une porte ouverte à l’inceste, la cosanguinité, la polyandrie, la polygamie qui amène une refonte substantielle de notre droit positif et par la même de notre société.

Le législateur ne mesure pas le pas qu’il va franchir avec la notion de « mariage pour tous », derrière cet amalgame, il y a bien plus que le mariage homosexuel. Le législateur n’a eu cesse de promouvoir une mauvaise lecture du principe d’égalité ce qui amène à la formation d’inepties foudroyantes au sein de notre ordonnancement juridique et par la même de notre ordre social.

En effet, si l’on suit le syllogisme législatif actuel, et bien la consécration du mariage homosexuel a pour objet de gommer l’inégalité qu’il y a entre les couples homosexuels et heterosexuels s’agissant du mariage, mais en verité en consacrant ce mariage le législateur va créer une nouvelle inégalité au sein même du couple homosexuel, entre le couple feminin qui aura un accès aisé à l’enfant et le couple masculin qui lui n’y aura pas accès. Dès lors, pour poursuivre la logique il faudrait une nouvelle fois « exploser une barrière cardinale de notre ordonnancement juridique » et ainsi légaliser les conventions de mères porteuses.  Tout cela démontre bien une mauvaise lecture du principe d’égalité qui, poussé à son paroxysme détruit l’individu. Or, la remise en cause de la prohibition des mères porteuses qui consitue l’expression éloquente du refus du libéralisme et du consumérisme de nos sociétés actuelles dans des domaines aussi fondamentaux que sont la vie, et plus largement la civilisation, a pour écho des conséquences substantielles.  En effet, la mise dans le commerce des facultés procréatrices de la femme, mène inéluctablement à une réification de l’enfant, qui devient un bien mobilier, un élément de richesse de notre patrimoine parmi d’autres. Et après tout, au prix auquel un enfant sera acquis, pourquoi ne pas choisir une mère porteuse brune, blonde, aux yeux bleus, verts, voilà l’avènement des pratiques eugéniques ? En vérité, derrière la possible consécration d’un droit à l’enfant, il y a le risque que cela dégénère en un droit à l’enfant « comme je le veux ».

Or, le rôle du législateur n’est-il pas d’ordonner, et non pas sans cesse d’accorder des concessions pour au final se réduire à une véritable chambre d’enregistrement des volontés individuelles ? Le droit ne doit pas se contenter d’être le relais des désirs, il doit se cantonner à sa fonction normative d’ordonner.

Dès lors, tout l’enjeux est de mettre en balance deux intérêts, le droit à l’enfant, ce qui est innaceptable et l’intérêt de l’enfant. Le Parlement semble opter pour la première solution et s’affranchit de toute réalité biologique allant défier la nature même ; Alors que la volonté de l’homme n’est pas toute puissante, bornée justement par la nature, mais qu’importe un Parlement peut tout.

L’honneur du droit français n’est-il pas d’affirmer contre vents et marées que le respect des droits de l’homme, le respect des droits de l’enfant passent avant tout et tout d’abord par le refus de consacrer un droit à l’enfant ? La complémentarité père / mère n’est-elle pas structurante à la construction identitaire de l’enfant ou est-ce que le désir des adultes est prédominant ?

In fine, par une mauvaise lecture du principe d’égalité, le législateur semble perdu et fait perdre une société derrière lui. À la vieille idée selon laquelle la morale rôde autour du droit, désormais le droit en est totallement nu. Or, quand on construit du droit sur du flou, il y a un loup. Et permettez-moi de vous le dire, le loup est véritablement entré dans la bergerie, en d’autres termes le mariage homosexuel dans la famille.

Le législateur n’a eu cesse d’affaiblir le mariage à coups d’attaques désinstitutionnalisantes en faisant prévaloir la liberté de faire des choix individuels – construire sa « famille à la carte » – se présentant dès lors comme un véritable fossoyeur de cette institution. Le mariage est en train de devenir un simple cerceuil dont les enfant sont les clous…

Elie Awad

La  Gerap

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s