Élections Égyptiennes : Dilemme du changement, perdant ; par Elie Khoury

VoaNews

Lorsque la population Égyptienne se met à penser le changement, Facebook et Twitter crient à la Révolution – accoutumés à la technologique – et cela facilite. Réellement, sale, car meurtrière, l’armée assassine des bloggeurs à la pelle, (sentence facile : sept années de prison – pauvre Khaled Saïd, 28 ans, lynché et accompagné jusqu’aux portes de la mort dans les rues d’Alexandrie) – Les radicaux se réservent, le gâteau des Coptes Églises, pendant que d’autres, Musulmans et Chrétiens, sont capables d’unions temporaires, en dernier recours, pour faire front, lorsque la police réprime (25 morts + de 500 blessés, attentat du 1er janvier 2011, Alexandrie).  

Les Égyptiens craignaient Moubarak, davantage le vide –

Lorsqu’en 2011, Hosni tombe, les militaires aidant, récupèrent la cause – temporisent – le changement, c’est dans la limite du leur ; les Égyptiens craignant qu’elle leur échappe, font pression et payent le prix – Tarif : Paradi$.

Depuis hier, l’Égypte vote, un président post-Moubarak, un vent de changement vous dites ? On l’entend souffler, dans une pièce vide.

Depuis 1954, le pouvoir est tenu par les militaires – Nasser, Sadate et Moubarak, sont de la famille et en période de transition, devinez ? C’est toujours eux qui régentent la partie. Ouvertement à plusieurs reprises, ils tentent même la récupération publique du pouvoir – testant par l’élasticité-la volonté évolutive des Égyptiens, au travers d’un lance pierre dirigé contre eux.

De Nasser, Sadate et Moubarak les Égyptiens gardent une douleur vive et cela dans la fidélité sans commune mesure d’un peuple amené à éprouver son autorité politique, qu’en dernier recours, lorsqu’il se meurt – « Khallas ! ».

Les anciens Raïs, Nasser, Sadate et récemment Moubarak ont, à leur gré, lorsque l’opposition paraissait forte, manipulé les résultats des élections en leur faveur. Aujourd’hui, exutoire seulement, l’espérance d’un changement, lorsque ceux-là mêmes qui ont projeté les anciens Raïs au pouvoir, sont les mêmes, à un déguisement près, qui assurent la transition démocratique.

Moubarak tombe – C’est méconnaître la réalité politique égyptienne, Moubarak ne tombe pas, Moubarak se couche. Au besoin, les militaires, tenants de l’autorité n’hésitent pas à supprimer les responsables qui dérangent et à donner à la vindicte populaire, ceux qu’elle désigne.

Sacrifier des têtes, dans les habitudes Cairotes,  sous Moubarak, Atef Abreid Premier ministre, Farouk Hosni ministre de la Culture, Hatim al-Gabali à la Santé, ont été violemment décriés par les Égyptiens – lâchés par le pouvoir un temps – puis finalement maintenus dans leurs fonctions. Youssef Wali, ministre de l’Agriculture, accusé de corruption et d’importation de pesticides cancérigènes – échappe aux accusations… au détriment de son conseiller qui écope de quinze années de prison. Wali sera même promu à la vice-présidence du parti de Moubarak (PND) et figurera parmi les quarante personnalités agissantes au sein de l’autorité suprême.

Les militaires, au pire resteront au pouvoir, au pire y mettront dans leur sillage un homme réclamé, Islamiste, Frère Musulman   ou autres, qui vous voulez ; mais les véritables tenants, restent et resteront les véritables tenants.

Élections Égyptiennes  ou le dilemme du changement, perdant.

Elie Khoury

La Gerap 

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