Du Conflit à L’ Amour, de L’Individu à La Famille, par Elie Khoury

L’expression a une valeur supérieure lorsqu’elle vise à mettre à disposition d’une personne, tout autant, que du plus grand nombre, une information de nature « stratégique », c’est à dire fondamentale par la qualité de l’appui qu’elle apporte à la construction de la pensée de celui qui l’observe.

Elie Khoury  

Montage, Elie Khoury, La Gerap

Du Conflit à L’Amour

De L’Individu à La Famille

Lorsque nous nous intéressons à la violence, que nous étudions la guerre, où lorsque nous nous sentons attirés par les rivalités et les oppositions nous prenons part et nous nous rangeons d’une manière ouverte ou détournée, soit, du côté du prédateur, soit, du côté libérateur de celui qui se tient devant l’agressé. Quand ce ne sont pas nos volontés individuelles, c’est tôt ou tard la vie, qui nous oblige inévitablement, à choisir notre camp. Étudier le conflit est nécessaire, ne serait-ce que pour comprendre ce qui anime l’être humain dans l’acte d’agression ; mais pas seulement, car le conflit a également un aspect constructif, dans le sens où il peut également nous permettre de nous protéger en éloignant de nous, ceux que nous identifions comme dangereux.

Cet aspect positif et méconnu du conflit n’a jamais été aussi bien théorisé que par le sociologue et philosophe allemand de la fin du 19e siècle, Georg Simmel.

Du Conflit à l’Amour, de L’Individu à La Famille

Cette progression que nous identifions prend racine dans une théorisation positive et sociale du conflit, offrant des clés de compréhension aux problèmes engendrés par les relations destructrices, tout en proposant à la réflexion un schéma constructif, appelatif de relations véritables.

Regardons dès lors le cheminement d’une rencontre classique qui aboutit à un projet de vie entre deux personnes :

– Ils se rencontrent

Le temps passe

– Ils se plaisent mutuellement

– Définissent le cadre de leur relation et prennent des habitudes en créant des interdépendances intellectuelles, physiques et s’insèrent dans un cercle d’amis et/ou d’une famille en fondant à plusieurs degrés de manière plus ou moins large un corps social.

Les couples qui se sont construits sur des bases véritables et saines, à quelques exceptions, vivent heureux, tandis qu’une autre partie, toute aussi nombreuse selon les époques, connaît des situations problématiques et graduellement catastrophiques.

Voyons là également le cheminement d’une rencontre classique, mais conduisant cette fois à une situation éprouvante, voire dangereuse :

– Ils se rencontrent

Le temps passe

– Ils se plaisent mutuellement

– Définissent le cadre de leur relation et prennent des habitudes en créant des interdépendances intellectuelles, physiques et s’insèrent dans un cercle d’amis et/ou d’une famille en fondant à plusieurs degrés de manière plus ou moins large un corps social.

– Problème n°1

L’un d’eux, la femme ou l’homme voire les deux se rendent compte, après une période d’effervescence qu’au final les choses entre eux ne peuvent aller plus loin.

=

À ce moment là, certains prennent la décision d’en parler mais aussi d’agir et leur vie respective  prend un autre tournant.

– Mais d’autres, plus vulnérables (eux se présentent optimistes) vont ignorer ces réalités. Devenus un au travers du couple, ils vont rejeter intérieurement le conflit et le possible mécanisme de rupture ; Car bien qu’en réalité, ils rejettent l’autre en tant que personne, ils ne veulent pas abandonner le corps social qu’ils représentent. Du corps social ils ne veulent pas être exclus, ils ne veulent pas être séparés, car ils ne veulent pas sacrifier les bienfaits découlant de la vie en société sous le couvert du ménage à deux. D’autres déficiences touchent également ces personnes : la dépendance affective ou sexuelle, mais aussi dans la plupart des cas, la crainte de se retrouver seul(e) avec pour angoisse narcissique, celle de voir l’autre s’établir en dehors de soi.

Dans cette situation précise, le conflit doit intervenir (mais attention, le conflit ne vise pas la destruction de l’autre, mais uniquement le socle de la relation) par la reconnaissance honnête de s’être trompé sur la profondeur de celle-ci et de sa capacité et qualité de subsistance dans l’avenir.

– Problème n°2

Mais là encore, là où certains acceptent cette réalité et mettent fin à la relation par la reconnaissance d’un mauvais choix effectué, d’une mauvaise interprétation ou d’un manque d’instinct, d’autres persistent.

Il apparaît ainsi qu’en évitant le conflit et par la même, la rupture, à une étape où la relation est vouée à l’échec que la rupture qui devait se faire, en ne se faisant pas entre les deux personnes, se fait bien quelque part, sans soupçon et d’une manière invisible mais plus destructrice… à l’intérieur de la personne.

L’esprit rentre alors en contradiction avec lui-même, où réalités et aspirations s’opposent. Par ailleurs et parallèlement à cette écorchure allant en s’aggravant dans l’être déchiré, le temps fait son œuvre en amplifiant les interdépendances qui, se durcissent et, se radicalisent.

– Problème n°3

Pis encore, dans la continuité de cet effondrement, alors que tous les voyants sont au rouge, des projets capitaux sont parallèlement initiés, comme le souhait d’avoir des enfants.

Alors qu’en apparence le couple paraît inébranlable, derrière le rideau, un effritement de l’âme survient, où le conflit évité va se multiplier et se diffuser désormais à toutes les échelles de la relation ; germes d’une radicalité à venir.

À l’instant où le conflit finit par jaillir, on observe des violences d’une rare intensité où les personnes en arrivent par exemple dans un divorce à se disputer le partage du plus insignifiant objet de la maison. Le mal se répand et tous les théâtres deviennent des scènes de discorde où l’on n’hésite plus à s’infliger les épreuves les plus terribles.

Se substitue à la responsabilisation chimérique précédente une prise de considération à sens unique et à retardement schizophrène, comptabilisant par le souvenir et à la volée tous les griefs subis pour un seul et unique but : la vengeance.

De cette façon, la construction/reconstruction ne peut se faire et les problèmes anciennement compartimentés à la relation, ne quittent pas la personne, bien au contraire, ils s’enracinent en elle.

Il ne faut pas tomber dans la mésinterprétation du conflit ni faire l’apologie de la discorde, c’est davantage un appel au discernement. Néanmoins le conflit paraît nécessaire et bénéfique lorsqu’il nous appelle à nous définir, avant tout par une lutte personnelle en interne contre nos mauvais penchants. Cela, bien avant de fonder une famille, incalculable responsabilité, au regard de l’impact sur plusieurs générations, d’un cadre de valeur érigé en système, amené à se reproduire. Goethe disait dans une célèbre maxime qu’on aurait des enfants tous élevés, si les parents étaient élevés eux-mêmes.

Preuve en est, dans les relations négatives, apparaît un manque de discernement frappant. Ainsi, c’est la radicalité de traitement qui est réservée aux questions de moindre importance et le contournement continuel, aux questions névralgiques. C’est ce même aveuglement qui conduit par la suite à une violence démesurée. Il faut ainsi attendre des personnes ne dissociant les questions essentielles de celles secondaires, aucune limite également dans la violence qu’elles peuvent infliger.

À cela une solution 

C’est l’évolution intellectuelle qui peut permettre à la fois d’aimer et de s’abandonner à l’autre tout en gardant une indépendance psychique, de sorte à pouvoir toujours distinguer et faire la part des choses entre ce qui est à discuter de ce qui est à préserver. L’intelligence seule, ne peut sauver, cette dernière doit absolument fonctionner de paire avec la volonté d’agir pour réussir un projet de vie de qualité. Et même, pour les situations les plus chaotiques, existe une résolution, Simmel voit une transcendance à travers une locution latine théâtrale, la « Deus ex machina » qui décrit un moment de grande inquiétude et de misère, un moment de malheur sans issue où dans l’enchantement d’un dénouement final, alors que tout paraissait perdu, Dieu apparaît aux côtés de celui qui l’appelle et lui vient en aide en

renversant celui qui ne pouvait être renversé, en sauvant celui qui ne pouvait être sauvé.

Avant de terminer et vous rendre la parole, j’aimerai vous inviter à regarder le passage suivant

Et, au cas où vous ne l’auriez remarqué, voici un ralenti de l’attitude de la petite fille

1 Elle se jette pour retenir dans sa chute l’argentier, qui tombe sur son père

2 Elle n’hésite aucunement à s’interposer

3 Rivée sur son père, un tiroir heurte sa jambe gauche

4 Son attention et son expression restent focalisées sur son père

5 Ce n’est qu’une fois que la mère accourt, que le père répète ne pas avoir été blessé et uniquement lorsque la situation semble enfin contrôlée que la jeune fille exprime discrètement une douleur à la jambe gauche (photo n°3 – causée par le tiroir).

Un instant de vie, à la portée inestimable, puisqu’il expose un Amour précieux, fruit d’une unité familiale, construite sur des bases véritables. L’attitude du père, attentionné, de la fille, majestueuse dans son dévouement et de la mère accourant, bouleversée, sont les émanations d’un bonheur authentique, d’une expression protectrice mutuelle.

Le véritable Amour est en fin de compte, à la portée de tous, mais avec pour seule exigence pour celle ou celui qui le recherche,

de lui créer les conditions afin qu’il vous trouve.

Elie Khoury

La Gerap

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