Le président Bashar El Assad face à l’équation du Lion

Alors que la dégénérescence se fait de plus en plus vertigineuse au rythme de mises à mort n’épargnant l’innocent de l’engagé, le président Bashar El Assad ne ménage plus et rivalise au sein d’un espace devenu appellatif, excitant les forces radicales à se confronter, sans commisération aucune.

Pendant que le peuple pleure ses disparus et tandis que la communauté internationale qui réclame paralysie du déferlement de violence, se retrouve elle-même être paralysée par le véto ; à Damas, la haute autorité du président Bashar El Assad est face à l’équation du Lion :

Les gouvernements arabes tombés en Tunisie de l’ex-président Zine el-Abidine Ben Ali et en Égypte de l’ex-président Hosni Moubarak en prenant des mesures tous azimuts en faveur des révoltés au lendemain des soulèvements, ont commis une erreur impardonnable – la première étant de les avoir commises – dans l’exercice du pouvoir, précipitant irréversiblement leur chute : l’aveu de faiblesse.

Les raïs en reconnaissant à demi-mots leur culpabilité de gouvernement corrompu, népotique, confisquant le pouvoir, limitant les libertés individuelles, se désintéressant des problématiques sociales, insensible à l’aide et à la protection des minorités, en partie assujetti aux forces étrangères, impliqué partiellement en faveur/et usant à leur gré de la cause palestinienne, établissant relations avec les instances politiques israéliennes, truquant les élections, usant sans contrôle de la force, intoxicant les organes juridiques ; ont confessé une attitude contraire aux vertus nécessaires dans l’usage d’un pouvoir nécessairement fort, et plus nécessairement encore, juste.

Décrite dès le XIVe siècle par le penseur arabe Ibn Khaldoum comme étant la ligne rouge pour un gouvernant à ne jamais franchir et dont les vertus doivent prendre l’ascendant sur les tentations ; sans cela, l’anéantissement est annoncé.

Bozarslan Hamit dira encore de Ben Ali et de Moubarak « qu’en un certain sens ce fut la reconnaissance par les princes de leur propre illégitimité qui transforma « leurs règnes » en anciens régimes » » ; Dernière mésinterprétation dans laquelle, le président Syrien ne souhaite se voir enfermer.

Pour un Lion, opérer une retraite sans avoir versé le sang, ne peut se faire et l’histoire du monde arabe révéla combien ces pères ont la capacité à enfanter un homme fort, mais tout autant combien ceux-là mêmes ne savent appréhender les transmissions de pouvoir.

Elie Khoury, La Gerap+

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